Obama vu de Teheran

 

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La nuit tombait sur Téhéran quand les bureaux du vote ont ouvert aux Etats-Unis. Les Iraniens ont attendu le lendemain matin pour avoir les résultats et très peu ont fait une nuit blanche. Mis à  part le renvoi du ministre de l’Intérieur, Ali Kordan, c’est pourtant l’élection américaine qui dominait toutes les conversations, que ce soient dans les journaux ou dans la rue.

Le chef religieux du pays, Ali Khamenei, a déclaré la semaine dernière, devant un groupe d’étudiants, que la haine des Etats-Unis était bien ancrée dans le pays. ‘Nous avons des problèmes plus graves que quelques soucis politiques’, a-t-il ajouté, selon une agence de presse nationale. Les analystes ont interprété ce message sibyllin comme le signe que l’Iran ne cherchera pas à  resserrer ses liens avec le Grand Satan et que les politiques ne devaient pas trop attendre d’Obama.

Le président Ahmadinejad a pourtant déjà  félicité Obama pour sa victoire. ‘J’espère que vous privilégierez l’intéràªt public et la justice et que vous saisiriez la chance de servir votre peuple pour que, plus tard, on se rappelle de vous comme quelqu’un digne de respect’, a-t-il clamé. Il a ajouté que la ‘grande nation d’Iran attend des changements profonds et justes dans la politique étrangère américaine, notamment dans notre région’. Ahmadinejad espère par ailleurs que les Etats-Unis et ses dirigeants ‘belliqueux’ seront remplacés par des défenseurs de la justice, des droits de l’homme, de l’amitié et de la non-ingérence dans les affaires internes des autres Etats.

Avec cette victoire historique, il existe un faible espoir pour qu’un dialogue direct reprenne entre l’Iran et les Etats-Unis. Depuis la révolution de 1979 et l’occupation de l’ambassade américaine, les relations diplomatiques ont été rompues, màªme si la secrétaire d’Etat, Condoleezza Rice, a suggéré récemment que les deux pays renforcent leurs liens.

Les diplomates européens à  Téhéran sont plutôt optimistes. La nouvelle administration pourrait réaliser que les crises en Irak et en Afghanistan ne seront pas résolues sans l’Iran. Barack ‘Hussein’ Obama impressionne le Moyen-Orient, ne serait-ce que par son nom. Non seulement parce que Hussein est une figure importante de la religion musulmane, mais aussi parce qu’en arabe et en farsi, il signifie ‘celui qui est avec nous’.

L’Iran a été un sujet important pendant la campagne américaine. John McCain n’a cessé de critiquer Obama pour ses velléités de reprendre le dialogue avec Ahmadinejad. Obama avait en effet annoncé lors d’un débat qu’il croyait en une politique étrangère qui ouvrirait des négociations, tout en précisant que ce serait des négociations avec un ‘ennemi’.
La République islamique d’Iran est en ce moment très perturbée. Avec la chute du prix du pétrole, le pays a du mal à  boucler son budget. L’inflation est de plus en plus forte. La banque nationale l’a récemment estimée à  29 % par an.” (continuer en Francais / in English)

Les ukrainiens frappes de plein fouet par la crise

Obmin Valyut (#)

Après avoir fragilisé les systèmes financiers d’Europe occidentale, la crise débarque en Europe de l’Est et contraint les Etats criblés de dettes, comme l’Ukraine, à  se serrer la ceinture pour éviter l’effondrement.

L’ancienne République soviétique a déjà  nationalisé deux de ses plus grandes banques et demandé près de 12 milliards d’euros au FMI pour renflouer ses caisses. Sur les dernières semaines, le hryvnia, la monnaie nationale, a perdu 12 % de sa valeur et les demandes en matières premières (charbon, gaz naturel), une des principales sources de revenus du pays, ne cessent de baisser. Des effets qui se font sentir jusque dans la rue puisque plusieurs banques ont plafonné les retraits aux distributeurs automatiques à  150 euros par jour.

L’effet de la crise est en outre renforcé par l’instabilité politique qui ronge le pays depuis la rupture entre le Premier ministre Ioulia Timochenko et le président Victor Iouchtchenko. Au bord du précipice, le chef de l’Etat a été contraint de rappeler le Parlement, qu’il avait dissous deux semaines auparavant, et de repousser les élections au 14 décembre prochain. (continuer en francais / in English)